Le pot aux roses
Le Nouvel Observateur a été mis en examen pour l’article « Perret et le pot aux roses » de sophie Delassein.
Pierre Perret attaque Le nouvel obs pour diffamation
LE JDD : dimanche 01 Février 2009 : Pourquoi tant de haine?
Par Pierre PERRET : (Accusé dans un article du Nouvel Observateur de la semaine dernière d’avoir menti sur ses relations avec Paul Léautaud et Georges Brassens, Pierre Perret sort pour la première fois de son silence et annonce qu’il porte plainte pour diffamation.)
Vous avouerez tout de même une chose, ma chère petite journaliste, qui m’avez préparé ce poulet à propos de mon livre, A Cappella*, vous avouerez, j’espère, qu’il est plutôt extraordinaire qu’un « faussaire » de ma trempe – je vous cite – ait réussi à remplir des salles, – tout seul comme un grand – en n’étant, je vous re-cite, qu’une « pâle copie de Brassens », un menteur de surcroît et un « gros imposteur ». Cela n’est guère gentil pour les millions de « crétins » qui, depuis tout ce temps, sont venus m’écouter dans une salle, ont acheté un livre, un disque ou leur ticket d’entrée dans un théâtre pour venir entendre le « rigolo Pierre Perret » sans s’apercevoir de cette immonde supercherie.
Je suis impatient d’apprendre comme vous allez démontrer – et prouver – que « je n’ai jamais rencontré Léautaud », que je n’ai jamais cessé de « piller Brassens » avec les « chansons de corps de garde » que j’ai enregistrées. La seule chanson que Georges ait adaptée (pour les paroles) est, à ma connaissance, Le Petit-Fils d’Œdipe, que j’ai enregistrée après que son neveu Serge Cazzani m’eut obligeamment autorisé.
Vous citez un ancien chroniqueur du journal L’Aurore à qui j’aurais déclaré, vers les années 1970, que je préparais un livre très documenté sur Léautaud. Lequel, d’après mes dires, m’aurait, trois années durant, hébergé et donné en héritage une partie de sa correspondance avec « les grands du monde de la littérature ». Lorsque l’on connaît Léautaud, tel que je l’ai connu, peut-on imaginer une telle aberration? Hormis ses chats, ce dernier n’a jamais « hébergé » qui que ce soit, même pas ses maîtresses – même pas Marie Dormoy! Je l’ai vu, en revanche, brûler sans vergogne dans son jardin une partie de cette correspondance et même des brouillons de son journal par une belle après-midi ensoleillée d’où cette pauvre Marie Dormoy était absente.
Oui je suis friand de littérature, oui j’ai lu des livres tout au long de ma vie et je continue, oui je veux bien rencontrer votre ami « le bouquiniste » et qu’il me dise en face et nommément quels sont les noms des « auteurs que j’ai pillés en ayant peur que ça se sache ».
Oui j’ai écrit effectivement à Georges, dans les années 1960, pour lui demander, après avoir envisagé d’acquérir un petit terrain à bâtir, de me prêter quelques sous, car, lui écrivais-je, « si tu peux m’avancer du pèze, il m’en restera moins à trouver sur ces foutus cinq cents mille balles » (qui étaient le prix de ce lopin). Non, cela n’était pas une « somme colossale » que je réclamais, mais seulement quelques sous. Moi, je sortais du sana. Le maître avait assurément d’autres chats à fouetter car il n’a jamais répondu à ma requête.
Oui, c’est bien inconsciemment que je me suis inspiré du vers de Garcia Lorca à propos de l’image des « cuisses qui fuyaient comme deux truites vives » au lieu de « qui s’enfuyaient sous moi comme des truites effrayées », dans son poème La Femme adultère. C’est moi-même qui dénonce dans mon livre ce « monstrueux plagiat ».
Non je n’ai pas enregistré récemment la chanson Le Grand Vicaire que Brassens avait « coupée et adaptée ». Je n’ai enregistré que la version traditionnelle, adaptée par moi. Lorsque l’on écrit à la légère de si lourdes accusations, il faut s’apprêter à « rendre des comptes ». Il vous faudra bientôt justifier point par point toutes ces insanités tenues à mon propos. Ma chère petite journaliste, pourquoi ces insultes, ces propos diffamatoires, ces mensonges?
Au contraire de vos dires, je n’ai jamais « attaqué », ni démoli Brassens. Dans A Cappella, j’ai simplement dit la vérité. J’ai crié merci à tous ceux qui m’ont aidé sur ma route. Lucien Morisse en tête, ainsi que tous ceux qui sont venus chanter pour moi à l’Olympia et qui m’ont en quelque sorte sauvé la vie. Georges, que j’avais pris pour un ami, n’était pas de ceux-là. Est-ce outrageant que de l’avoir dit? Je suis ingrat, direz-vous? Je ne crois pas. Ce qui est sûr, c’est que j’étais déçu, voilà la vérité. J’aime profondément et depuis toujours ce qu’a écrit Georges. Je ne l’ai jamais pillé: je suis un homme honnête et j’ai toujours bu dans ma tasse.
En conclusion, vous m’avez dans votre petit poulet traité de menteur, de faussaire, d’imposteur, de pillard d’oeuvres! Je sens que cela vous rendrait heureuse si vous parveniez à « discréditer le chanteur » et l’homme. Eh bien, je ne vous laisserai pas ce plaisir…
Je me ferai une joie, en revanche, d’en référer à une mignonne dont j’ai vanté maintes fois les vertus dans mes couplets et défendu la cause bec et ongles contre ceux qui bafouent la vérité, l’honneur, la dignité, elle s’appelle la Justice.
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